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vendredi 14 juillet 2023

14 juillet 2023 - À marquer d'une pierre noire

Papa est parti ce soir.

Le message tombé sur tous mes écrans vers 17h30 ce soir est sans équivoque : Peux-tu stp nous rappeler en WhatSapp ? 

Le pire est arrivé. Et même si on s'y attendait à tout instant, on n'est jamais préparé à cette éventualité. 

Il avait eu 87 ans le 9 juillet et glissait doucement sur une pente dont on ne se relève pas. Parti d'un coup. Sans souffrir. À la maison.

Branle-bas de combat. 

Prévenir la boîte.

Prévenir mon avocat pour les problèmes de visa que cela soulève... je suis en attente de ma carte de résidence permanente, ce qui a eu pour effet d'invalider mon permis de travail. En théorie je ne dois pas quitter le territoire sous peine de ne pas pouvoir revenir.

C'est ridicule, mais c'est comme ça.

Là, il va falloir prouver que c'est bien nécessaire de voyager, puis que c'est bien nécessaire de revenir. On commence par vous dissuader de sortir avant de vous empêcher de revenir. 

Bref. Crise de nerf en perspective. Encore une fois, je ne sais pas comment je ferais sans avocat spécialisé dans cet océan de paperasse à fournir et de formulaires à remplir. La maison qui rend fou. 

Commencer à réfléchir aux cérémonies.

Prendre un billet d'avion. Bonne surprise, ce n'est pas hors de prix en été, d'aller à Lyon. 

Et réfléchir au contenu de la valise. Il fait 40°C en ce moment dans le quart sud-est de la France. Pire qu'ici où on flirte avec plus de 35°C un jour sur deux sur fond d'orages et de tornades. 

Bref... tourmente dans les jours à venir. 

Avis de décès de Monsieur Jean-gabriel, emile SAMUEL - Centre Funéraire Pollet - Drôme (pompes-funebres-pollet.fr)

mardi 27 juin 2023

Acrylic #31 - Smog à Montréal

Aujourd'hui j'envisageais de commencer à finir une toile laissée en suspens depuis longtemps, composée d'une série de bandes multicolores métallisée. Une série de fonds juxtaposés. Mais je n'ai toujours pas l'inspiration qui me permettra de ne pas détruire ce fond tout en ajoutant des éléments complémentaires qui rehaussent la toile. 

Du coup, retour au "placard"... et je me dépêche de passer chez Encadrement Olympic pas très loin du bureau (enfin, 25 minutes à pied quand même), avant de filer au cours. Je refais mon stock de toiles verticales... et je trouverai l'inspiration en parcourant mes photos. En l'occurrence, le smog des derniers jours, qui va encore s'attarder quelques jours ou quelques semaines. 

La (non-)vue de mon perchoir !


Je suis donc repartie pour une vue plongeante de la Côte des neiges, version été cette fois-ci, et sans doute moins dans le détail pesant de mes derniers essais. 

Masses posées sur mon fond dans des teintes verdâtres rehaussées de striures rosées. Le smog en soi, c'est juste une grande nébulosité jaune-grisâtre pas très engageante... et j'aime autant travestir la réalité.



À suivre... j'ai oublié de prendre la toile en photo à la fin de la dernière séance début juillet. Faudra attendre une petite quinzaine car je vais faire quelques infidélités à la galerie pour cause de festivals, concerts et autres spectacles qui se profilent à l'horizon !

La pause a été plus longue que prévue suite à un aller-retour express en France pour les obsèques de Papa.
C'est la dernière toile qu'il aura pu voir par WhatsApp interposé, lors de nos conversations quotidiennes ou presque.
La toile dégage l'ambiance qui règne dans ma tête et dans mon coeur. 

Reprise le 8 août, je continue à ajouter quelques détails et retravailler la verdure. Le smog ne s'estompe pas vraiment malgré la pluie. Les fumées sont visibles jusqu'aux USA, donnant l'impression d'un couvercle posé sur la grande marmite du Québec.


15 août, finalisation des derniers détails... restera plus qu'à finir le cadre qui n'est pas super homogène.



Fin août - le soleil met du baume au coeur de Maman. 
Déclinaisons sur le même thème...





vendredi 27 septembre 2019

28 septembre 2019 - Triste journée, pensées posthumes

Journée bien pluvieuse aujourd'hui… temps propice au repliage des valises. C'est la fin des vacances pour mes parents et le retour en France s'accompagne d'une grosse pluie qui donne juste envie de rester sous la couette… même s'il fait dix fois trop chaud pour supporter duvet ou couvertures. 

En soi, cela suffit déjà à me donner le bourdon. 

Echanges de messages avec les copines, je ne vois pas passer une tentative d'appel d'un ami d'Antibes dans les préparatifs du petit déjeuner. Joindre les gens par téléphone est une gageure ici. Les six heures du décalage horaire ne se combinent pas bien avec le rythme des journées. Le week-end, on s'en sort un peu mieux sans la contrainte du boulot et je peux rappeler en fin de matinée, pas encore trop tard pour la France. 

Et là, c'est le choc. Au lieu de reprendre la conversation où nous l'avions laissée la dernière fois, quelque part entre yassa et mafé et considérations culinaires diverses suite à mon exploration du marché Fu Tai en bas de la Côte des Neiges à la fin du mois d'août, c'est sa femme qui m'apprend que Laye est décédé le 17 septembre suite à une crise de drépanocytose qui, cette fois-ci, s'est achevée par un arrêt cardiaque. Je suis abasourdie, profondément choquée, désemparée.

Laye, 51 ans. Géant au style et à la classe folle. Deux mètres d'humour et d'esprit. Il semblait aller mieux, son rôle de père le comblait, il avait trouvé une certaine sérénité qui se mariait bien à sa philosophie personnelle, sa foi profonde le portait. Mais la drépanocytose est une maladie génétique cruelle qui revient crise après crise dans des souffrances terribles. Et on ne l'emporte jamais. On a beau se dire que toutes les dernières années étaient déjà des victoires sur le destin, l'épée de Damoclès était bien là, suspendue jusqu'à la fin du sursis, prête à s'abattre. Les changements de saison étaient des écueils redoutés, apportant leurs lots de douleurs et de risques. Cet automne lui a été fatal.
Bref, c'est une partie de mon monde qui s'écroule, une de mes fenêtres ouvertes sur le continent africain et la multitude de cultures qui y cohabitent. 

Regrets et souvenirs se bousculent. Près de vingt ans que je le connaissais - une belle tranche de vie, toujours une certaine complicité malgré les années qui s'étaient écoulées.
Regrets de ne pas avoir eu le temps de passer pour une courte visite lors de mon passage en avril. (Mes déboires immobiliers ont bousculé tout mon planning et je n'ai vu personne - certains s'en offusquent sans chercher à comprendre). Regrets de ne pas avoir passé plus de temps pour des virées ou des bonnes bouffes dans les années qui ont précédé mon départ pour Montréal, notamment à la fin de l'année dernière, trop occupée à vider mon appartement. On s'était promis de ne pas laisser passer le prochain Nouvel An sans se souhaiter tout le meilleur du monde. 
Tout simplement regrets de ne pas savoir exprimer mon affection à ceux que j'aime, à mes proches, et mes amis.

Souvenirs heureux - le temps gomme les souvenirs plus pénibles et c'est très bien - grands bavardages à refaire le monde en sirotant un thé ou par téléphone ou messages, échanges de recettes de cuisine avant de déguster les derniers essais (faites un tour dans mes pages "voyages gourmands" et arrêtez-vous quelques instants pour humer les marmites de Poulet yassa ou de mafé, ou de curry - ces plats n'auront plus jamais le même goût), discussions sur l'actualité politique d'ici et d'ailleurs, situation en Afrique et au Sénégal en particulier, littérature, mode, arts plastiques et musique avec des goûts assez éclectiques… tout sujet était digne d'intérêt et apportait un autre éclairage. 
Il était le destinataire d'une partie de mes revues de presse et m'envoyait certains articles de fond à l'occasion d'une fête ou d'une célébration - Ramadan, Korité, Tabaski et leurs pendants chrétiens - Pâques, Noël. Il m'avait guidé dans mes premières lectures "africaines" en m'indiquant quelques auteurs et ouvrages de référence, et ne se lassait pas de découvrir de nouveaux "sons" de tous horizons.   

Bref… je continuerai à entendre sa voix espiègle me demander "Comment va Kinou ?" (ou bien "l'Américaine"… et récemment la "Canadienne"selon le coin de la planète que j'étais en train d'arpenter)... et j'espère que ce fil qui me reliait à ce petit bout d'Afrique ne sera pas complètement rompu, que cette fenêtre qui se referme laissera encore passer un peu de la lumière qui émane de ce grand continent.

Mes pensées vont à sa femme et à son jeune fils, et au reste de sa famille, son père vieillissant au Sénégal. Le vide doit être terrible.

Dewenati Laye… tu nous manqueras à tous...



Quelques liens en vrac :
> https://www.orpha.net/data/patho/Han/Int/fr/Drepanocytose_FR_fr_HAN_ORPHA232.pdf 
> http://sosglobi.fr/
https://en.wikipedia.org/wiki/Sickle_cell_disease et https://fr.wikipedia.org/wiki/Drépanocytose