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samedi 17 octobre 2020

17 octobre 2020 - Montréal - Re-confinement jour 215

Belle journée ! 

Maman en WhatsApp 9h, et les copines en Zoom à 10h. 

Ensuite, je commence à m'organiser... faire un peu de ménage et attraper les moutons qui se planquent dans les coins. Pas de balade prévue aujourd'hui... je vais chez le coiffeur à 4h et j'en profiterai pour trouver quelques fruits et légumes au marché. 

En revanche, je dois voir ce que je vais explorer demain... peut-être retourner au parc Jean Drapeau... je n'en ai vu que la moitié la dernière fois, et il doit y avoir d'autres coins sympas - faut que je me trouve une carte pour me repérer mieux qu'avec le google du téléphone.... téléchargée sur internet, mon portable est prêt à l'emploi. Il y a plein de trucs à voir sur l'île Sainte Hélène et sur sa voisine, l'île Notre Dame. Je n'ai vu que le quart du site en comptant large ! Donc je pense que c'est une bonne destination pour demain !

Salade du jour : laitue, tomate, champignons et radis japonais, daïkon - ceux-ci sont mauves, bien gros et pas trop piquants... super top et super jolis dans mon saladier ! Moins impressionnants que les daïkons blancs. Bref, je vais en reprendre dans mon panier de lundi. 

Plus de discussions en ligne avec d'autres copines... le spleen en Espagne est à son comble. Eux, c'est couvre-feu et aucuns loisirs possibles. Je ne sais pas où va l'économie... 

Dans mon domaine, c'est la troisième révolution technique. Après les années 90 qui ont vu apparaître les outils de traduction, les années 2000 qui les ont généralisés, les années 2010 qui ont mis l'accent sur la traduction automatique et les systèmes de traduction tout intégrés gérant les flux de leur création à leur livraison. Maintenant, avec la pandémie et le télétravail généralisé, c'est la vague d'infonuagique qui rattrape le milieu. Fini les serveurs centralisés, place aux solutions décentralisées ou plus rien n'est stocké en local sur les machines. Tout le monde se connecte via internet, et les données sont quelque part dans la nature... tout est interconnecté. Ça me fait un peu penser à la fameuse phrase de Pierre Dac : "tout est dans tout et réciproquement". 

https://csa-research.com/Insights/ArticleID/684/technologies-driving-language-services-industry

https://insights.csa-research.com/reportaction/305013177/Marketing et autres articles de CSA Research (https://csa-research.com/Insights?Search=remote+simultaneousconcernant le marché de l'interprétation de conférence.

Bref... brin de ménage et je vais chez le coiffeur me faire raboter les écailles... la frange me gêne carrément en ce moment mais elle est encore trop courte pour passer derrière les oreilles... et j'ai de toute façon trop de cheveux derrière les oreilles, qui empêchent de bien accrocher le masque !!!

Galerie de portraits à 360° - merci à la coiffeuse d'avoir jouer à la photographe !

Petit tour au marché... provision de sirop d'érable à ramener à Noël, légumes de saison, une petite courge butternut... faut que je me remette à mes soupes ! Et une tarte aux bleuets (trop sucrée mais bon). J'ai mon compte de légumes pour la semaine, et un stock de vitamines C (oranges et kiwi !).  

Après quoi, je bulle un peu... joli coucher de soleil, toujours aussi froid et glacial dehors... manifestement il a neigé du côté de Bromont en Estrie. L'hiver s'en vient et risque d'être précoce. L'an dernier, la première tempête hivernale avait frappé Montréal le 8 novembre avec une petite pointe à -20°C. Va falloir destocker les habits d'hiver - je verrai la semaine prochaine ! 



En attendant, demain va falloir voir comment je m'habille pour passer la journée dehors... tous les points de ravitaillement sont fermés pour éviter toute tentation de socialisation entre promeneurs et flâneurs du dimanche... donc prévoir thermos et pique-nique... 

Soirée YouTube... liens en vrac !

https://youtu.be/mcuPHusMiOM - Crues dans les Alpes -Maritimes, documentaire du Monde. 

https://youtu.be/vjDK4thsXFo - Pillage des zones de pêche au Sénégal

https://youtu.be/8-yzfizr6VM - au sujet de la francophonie - Le rôle du français dans les créations artistiques

samedi 11 juillet 2020

11 juillet 2020 - Montréal - Déconfinement jour 117

Alors aujourd'hui ce devait être la fin du monde pour la météo, avec des déluges et plein de millimètres de précipitations. La queue de l'ouragan Fay qui a touché terre dans les Carolines, dans le sud.
Il a plu pendant la nuit, mais rien de dramatique. Et nous avons eu quelques belles averses dans la journée, mais rien de catastrophique non plus. J'attends de voir comment sera la nuit prochaine. 
En tout cas, il fait chaud. L'effet hammam se poursuit, jour après jour : chaud et super humide. On est gluant du matin au soir, et du soir au matin. L'effet des douches n'est que de courte durée. 




Je me bricole le menu du dimanche avant l'heure, quitte à passer du temps dans la cuisine entre rempotage (aujourd'hui, ce sont les noyaux d'avocats, hier c'était les agrumes). Donc faire revenir champignons, courgettes et épinards frais jusqu'à ce qu'ils aient fondu. Réserver (mettre de côté) et mettre la viande dans la poêle… j'ai récidivé sur un steak mariné au poivre, bien épais. Et donc saisi sur les deux faces, et je remets les légumes dans la poêle quelques minutes pour que le jus de la viande s'amalgame bien. Servir avec de la moutarde de Dijon. Je me suis régalée… et éclaté la panse, mais pas pu résister… même si ça faisait bien deux portions. Mais la viande tendre encore saignante, c'était vraiment délicieux. Le petit plaisir une fois par mois, je ne peux pas dire que j'abuse non plus !


Programme du jour : lectures. Je rattrape un peu de retard dans LinkedIn, trouve quelques articles intéressants sur les "nouvelles route de la soie" que la Chine est en train de construire. L'image qui me vient à l'esprit, c'est la toile d'araignée, avec le tissage d'un réseau polymorphe aux ramifications aussi diverses qu'éloignées : transports terrestre, ferroviaire, aérien, internet et fibre optique, routes et villes et toutes les infrastructures qui vont avec, à commencer par les usines de dessalinisation pour produire les millions de m3 nécessaires à la survie de populations nombreuses relocalisées dans des contrées désertiques. La Chine n'est avare ni de conseils techniques, ni de solutions technologiques, et probablement encore moins de prêts à faibles taux en échange de parts de marchés.
Parallèlement, les Émirats Arabes Unis commencent à se positionner en alternative à Hong Kong comme future place de marché et poids lourd de la finance. Faut dire qu'en ce moment, on a du mal à imaginer que Hong Kong va résister à la pression chinoise jusqu'à la fin de la période de transition, théoriquement en 2047. Les dernières mesures de répression de Pékin ont amené à un suicide collectif de tous les comptes sur les réseaux sociaux ou autres plateformes d'échanges d'idées qui risqueraient de trahir un quelconque désaccord de leur titulaire vis à vis de la politique chinoise, et en particulier de la non-démocratie chinoise. Le Canada s'apprête à récupérer bon nombre de ses expats, et aussi à accueillir des centaines de transfuges tant qu'il est encore temps de quitter le territoire. 
Bref : je lorgne depuis un moment sur deux bouquins traitant des route et nouvelle route de la soie, et je vais devoir essayer de me les procurer… dans une librairie anglophone ou par courrier. Ils n'ont pas ça à la librairie du coin. 

Bref. Toujours trop de lectures, et pas le temps suffisant à y consacrer. 

J'ai aussi pris un peu de temps pour étudier les transports pour m'échapper de Montréal.  Les cars d'Orléans ont repris leur service, avec 25% de remplissage. Ça veut dire que je peux envisager quelques escapades vers l'est… à condition d'avoir un comité d'accueil ou un point de chute sur place. 
En revanche, Greyhound et les bus Maheux, qui desservent vers Ottawa, n'ont pas encore annoncé de date de reprise. Pour Greyhound, c'est un peu compliqué… ils ne sont pas près de reprendre leurs liaisons vers les USA. Ensuite, Ottawa, va falloir que je piste les réouvertures de musées. Pour le moment tout est fermé, donc ça ne vaut pas la peine de se déplacer. Les premiers musées vont rouvrir début août, mais rien d'annoncé pour le musée canadien de l'histoire à Gattineau, qui fait référence et qui a une salle gigantesque entière dédiée aux totems des premières nations. Bref, je sens qu'Ottawa ne sera pas encore pour cette année.

J'ai aussi regardé les campings. Difficile de trouver des disponibilités dans les parcs proches de Montréal (moins de 3 heures de route). Mais bon : à voir. Du côté du Mont Orford, entre Granby et Sherbrooke, ou vers Mont Tremblant, ou en Mauricie. Proche d'un lac où on peut nager. Je dois me poser sur la question de plus près et m'organiser un week-end pour prendre l'air. 
La Gaspésie est hors de portée sans prendre une semaine de vacances au moins - faut compter quasiment deux jours de route avant d'y être… et autant pour revenir, c'est un peu compliqué même pour un grand week-end… et vu la masse de boulot jusqu'à fin septembre, on aura de nouveau des congères avant de pouvoir se poser. 




Ensuite je rejoue aux selfies… résultats moyens.

 
Côté coucher de soleil, nuageux, mais avec une éclaircie : on a vu un bout du soleil aujourd'hui, même s'il a tardé à sortir de sa tannière !






vendredi 10 juillet 2020

10 juillet 2020 - Montréal - Déconfinement jour 116

Journée étouffante. La température n'a pas vraiment baissé cette nuit et on attaque déjà au-dessus de 30°C à 9h du matin. 
Ciel laiteux. Beaucoup - trop - d'humidité dans l'air. Tendance tropicale, version saison des pluies… ce week-end sera placé sous le signe du déluge pour cause de tempête tropicale qui remonte des Carolines.

Petite éclaircie salutaire en fin de matinée, petite brise qui ne durera pas assez !

 

Salade du jour : salade frisée, cébette, bettes à cardes (c'est ce qu'on appelle des blettes chez nous ; là ce sont des pousses tendres qui se mangent bien en salade), tomate, mini-poivron, feta et olives.


Passée la matinée de réunion, aujourd'hui je compile. Plusieurs projets à livrer.
Et je dois traiter des questions… et briefer une collègue sur un projet que je veux lui déléguer. 

Et ce soir, je vais chez le coiffeur. Youpiie… ça devrait un peu me rafraîchir le crâne et la nuque !

Petit selfie avant d'y aller, question de me rappeler la tête de plumeau qui s'est aggravée au fil des semaines. Cheveux en botte de paille, coincés derrière les oreilles. Bon, je déteste les selfies, je ne sais jamais où je dois regarder pour pas avoir l'air ailleurs !  


17h, je saute sous la douche. Je suis gluante… infusée dans mon jus depuis ce matin. Ignoble. Direction le coiffeur. J'en ressors une grande heure plus tard. 
Tour au marché pour trouver des oranges et du miel. 
Et retour à la maison… où je me refais une séance de selfies. 



La coiffeuse a laissé les bouclettes au naturel, j'aime bien ! De toute façon, après le premier shampooing, toute trace de brushing disparaît. 

Franchement pas évident de se photographier l'arrière du crâne, et encore moins évident de regarder au bon endroit sans avoir les yeux au ciel ou à la cave, strabisme divergent ou convergent. Bref… la spécialiste en grimaces est de retour et je vous épargne le carnage !!! 

Après quoi on aura droit à un coucher de soleil presque clair. Le vent s'est levé et a dissipé la torpeur mais pas la chaleur ! Je fonds… en nage. Bonne pour une autre douche avant d'aller dormir !




dimanche 29 avril 2018

29 avril 2018 - Kodachrome et Devils Garden (HITR road)

Alors ce matin, décollage super tôt. Pas besoin de déplanter la tente... ça gagne un temps considérable sur la logistique ! En revanche, il fait gris et carrément froid... le thermomètre de la voiture indique un petit 36°F avec le flocon prévenant des risques de verglas !!!! A glagla ! 

Comme je le pressentais hier soir, j'ai changé mes plans. J'avais prévu de passer la journée sur la Hole-in-the-Rock Road (HITRR pour les intimes), mais bon : il n'y a pas de quoi m'occuper la journée. Pour les fondus de randos trapues, canyons compliqués et slot canyons (canyons super étroits où on ne voit quasiment pas le ciel, qui relèvent parfois de la spéléo avec tout l'équipement qui va bien), ici c'est la Mecque, à condition d'avoir le 4x4 qui va bien aussi. Mais bon, inutile de dire que ce n'est pas mon cas... et que je n'ai pas l'esprit assez casse-cou pour apprécier les joies de ce type de randonnée. 
Ce que je vise est top au lever du jour, ou en fin d'après-midi. Là, pour le lever du jour, on repassera. 

Du coup, je file à Kodachrome Basin, un parc en technicolor, baptisé ainsi par une équipe du National Geographic Magazine venue explorer les lieux en 1949 en raison de la palette de couleurs des falaises, du sol et du ciel. La seconde particularité du parc, ce sont des espèces de cheminées qui ont résisté à l'érosion, infiltrations minérales dans les fissures d'anciens reliefs aujourd'hui disparus. 
 
En chemin, je croise une biche écrasée, sur le bord de la route, puis des corbeaux qui se chicanent des restes avec un aigle, perché au milieu de la route (pas peur... l'oiseau est super haut sur patte, et ne bouge pas d'un pouce quand je le "double"), puis un coyote qui traverse 50 mètres devant moi. Bref : 7h du matin, la faune vagabonde et il s'agit d'ouvrir l'oeil.

Première halte à Henrieville, avant la bifurcation de la Cottonwood Canyon Road à Cannonville. La vue panoramique rend bien à cette heure, avec la lumière qui arrive de l'est et illumine la corniche en face... en technicolor ! Le ciel est chargé à souhait... et j'espère simplement qu'il ne nous tombera pas sur la tête au cours de la journée car cela impacterait considérablement mes plans pour demain !
 





A Kodachrome, dès l'entrée du parc, on est dans l'ambiance. Les pitons, un peu phalliques, il faut bien le dire, se dressent vers le ciel, et il y en a partout, des rouges, des blancs, des beiges ou des rosés, avec ou sans stries, longs, courts, épais ou minces. Tout dépend de leur composition minérale et de l'érosion à laquelle ils ont été soumis.


Mais gardons la tête froide. Pensée émue au souvenir de lointaines vacances en Corse égayées par la visite de Filitosa.

Pour compenser les kilomètres d'hier, je m'offre double dose de rando aujourd'hui : je commence par Sentinel Trail qui passe au pied de Shakespeare Arch. Je m'équipe de pied en cape pour résister à la froidure matinale. Vous aurez ainsi droit à l'unique selfie du séjour. 


La balade est jolie, mais dommage que ce soit aussi couvert... normalement on doit voir Bryce Canyon au loin, mais ça manque un peu de relief. Et là, on est aussi à contrejour, mais ce doit être le cas toute la journée, vu qu'on fait le tour de la roche !
















Ensuite, je file voir Chimney Rock, le monolithe impressionnant planté au milieu de la prairie, qu'on apercevait du haut du rocher précédent. La piste longe de jolies falaises striées d'où commencent à se dégager de nouveaux cierges.



Le monolithe a une taille impressionnante. On manque un peu de repère, mais bon... les voitures qui passent autour ont l'air minuscules !



Au loin, des vaches qui paissent... petits points noirs sur la prairie déjà brûlée. On se demande de quoi elles se nourrissent, la prairie est bien pauvre par ici... et le bouquet de jolis cactus tout rouge au milieu se voit comme le nez d'un clown ! Les seules autres fleurs que je verrai aujourd'hui sont des buissons de houx. A croire que c'est la saison des fleurs piquantes ! 


 



De là, je retraverse le parc pour aller faire une rando plus longue - Panorama Trail, qui, comme son nom l'indique, donne une vue un peu plus exhaustive du parc. L'occasion de revoir les paysages de ce matin à l'envers et avec une autre lumière... il fait presque soleil !




Je me prends un en-cas rapide sur le parking avant de me mettre en route, embarque une bouteille et c'est parti pour la boucle qui ondule entre les roches. Le sol est sablonneux, ça avance plus ou moins vite selon les endroits.




Je croise et recroise la route de deux VTTistes québécois bien sympathiques, qui plaisantent au sujet des phallus de toutes tailles qu'on trouve plantés par ici ! Ils sont en route pour trois mois de congé sabbatique avec leur camping-car... le temps d'écumer tous les parcs du secteur à pied ou en vélo. 



Courte halte devant la grotte "indienne". Elle porte des traces de main qu'on rencontre dans certains lieux, mais ici, c'est récent et pas vraiment historique !



Reprise du sentier, qui passe au pied d'une splendide colonne. Un repère qui se voit de loin.

 
 
Puis on s'attarde un peu dans le virage du chapelier... les cheminées de fée perdent leurs coiffes progressivement.


Le terrain ondule, côte ou descente, virage à droite ou à gauche. La vue s'est dégagée avec l'apparition du soleil, et les couleurs explosent.




J'arrive à dénicher l'entrée du sentier qui mène au passage secret... quelques cactus montent la garde, et des roches en forme de tipis permettent de jouer à cache-cache.




J'emprunte un peu le chemin des écoliers... mon sentier ne va pas dans la grotte prévue. Je cherche un peu et finis par me retrouver derrière une des buttes. Ce n'est toujours pas là, mais c'est joli quand même !



 
Je me retrouve sur le chemin d'arrivée... y'a un truc. Normalement, ça devrait faire une boucle.
 

Va falloir essayer autre chose. Prenons un peu de hauteur... ça y est, je l'aperçois, le petit corridor qui monte vers la falaise... l'endroit est tranquille et presque frais dans la chaleur de midi.   



Il est temps d'aller terminer la boucle. La météo semble un peu capricieuse et les nuages s'invitent à nouveau dans le décor. Les colonnes se dressent en terrain découvert. 


La balade chemine en surplomb au dessus d'une sorte de badlands en technicolor, au loin des dômes tout striés.
 



Le temps est de plus en plus gris et venteux... j'abrège la boucle à 6 km au lieu de 9. Y'a pas d'ombre, et même s'il fait gris, ça cogne quand même. En tout cas, les décors d'ici me plaisent bien, entre pitons, flèches, tipis rocheux et petites grottes ou dômes à l'arrondi presque parfait.



  

 
 
Petite pause dans la rédaction... le temps d'avaler la pizza calzone du Pizza Parlor... Je m'autorise une fantaisie ce soir... il est super tôt (pas tout à fait 18h), ils ont encore de la place dans le resto, et je meurs de faim vu que j'ai écourté le petit déj' et pas vraiment fait de vraie pause à midi. 

Reprise du clavier dans la voiture... les places sont chères dans le resto. Ici, le wifi a du mal, j'espère que j'arriverai à poster tout à l'heure.

Bref : je termine ma randonnée, et repars en direction du Visitor Center question d'avoir quelques renseignements sur la Cottonwood Canyon Road que j'ai l'intention de prendre demain.  
La route est a priori bonne... à condition qu'il ne pleuve pas cette nuit. Le temps est orageux et va rester ainsi pendant les trois prochains jours... bien ma veine. Je me renseignerai plus en détail au BLM d'Escalante demain matin avant de prendre la route. 
L'alternative à cette piste "impassable when wet" (impraticable par temps humide), c'est la route normale qui passe par Bryce Canyon et Kanab... petit détour d'au moins 100 km. Ca ne rigole pas. Donc on croise les doigts. 

De retour vers Cannonville, je marque un arrêt pour photographier la Pariah River qui prend ses aises par ici. Le lit est assez vide, mais on soupçonne la violence des crues qui sculptent les berges et les parois un peu plus au large.

 
Retour à la route touristique 12, qui m'avait tant enchantée en 2013, avec la lumière rasante du couchant. Aujourd'hui, le paysage ne veut pas se déparer de la grisaille qui nous accompagne depuis ce matin. C'est dommage car les falaises abritent des reliefs intéressants.


Un peu plus loin, avant d'aborder l'arrivée sur Escalante, courte pause en bord de route pour apercevoir une ruine indienne perchée à flanc de falaise en surplomb de la chaussée, nichée dans le creux de l'alcôve. Les greniers s'abritaient sous le rebord supérieur de la falaise.


Le temps se maintient pour le moment, et je vais donc aller assurer mon programme de fin d'après-midi, à savoir aller me promener dans le jardin des démons "Devils Garden", 15 miles au sud d'Escalante par la piste que les mormons avaient tracée lors de leur migration de Salt Lake City vers le sud-est de l'Utah (en l'occurrence Bluff, visité il y a 5 ans). La route, tracée au cordeau aboutissait au Colorado après avoir coupé à travers le plateau... et terminé par le creusement de la falaise de plusieurs dizaines de mètres de haut pour descendre le convoi de 40 chariots. Ils ont construit un petit bâtiment à la mémoire de l'exploit à l'entrée d'Escalante.  

15 miles de piste. Inutile de dire que ça secoue sec dans la voiture. Le coffre va encore être en vrac... et j'espère que je n'ai  pas fait d'autres trous dans mes gallons d'eau (le plastique des bidons est vraiment mince, j'ai percé hier un deuxième bidon...).  

J'arrive au parking... ici, c'est disneyland. Les gosses montent et descendent des formations rocheuses comme si c'était des manèges. Les lieux se prêtent magnifiquement au jeu de cache-cache, il faut bien le reconnaître !
 


Bref... je me balade entre les goblins et les hoodoos. Je trouve Metate Arch, et un pont naturel juste derrière. 



 
Puis d'autres passages entre arches, ponts ou tunnels. Le sable règne en maître, la végétation reflète les conditions extrêmes qui sévissent ici - glacial en hiver, caniculaire en été.

 
Les hoodoos ressemblent à des congrégations pensives se hâtant vers on ne sait quel paradis pour fuir cet enfer, observant la foule qui passe à leurs pieds, admirative de tant d'originalité minérale : le diable a un jardin bien agréable !









La lumière est au rendez-vous, enfin... ciel bleu et ombres qui se dessinent... j'attendais ça depuis ce matin ! 



Mais c'est la fin de la récréation. 

Je repars en sens inverse. On passe une voiture avec un pneu crevé. Ils ont de l'assistance. C'est un peu ma hantise (faudrait vider tout le coffre pour accéder à la roue de secours), et une des raisons pour lesquelles je ne voulais pas rester plus longtemps (question d'avoir encore des voitures derrière moi, en cas de pépin). 

Je fais une courte halte au petit musée à l'entrée d'Escalante. Quelques panneaux explicatifs illustrent la colonisation de la région par les mormons, avec l'histoire de la Hole-in-the-Rock road qui mène au lac Powell et s'achève par un raidillon d'anthologie, creusé par les pionniers pour descendre la falaise qui menait au seul gué possible permettant de franchir le Colorado à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde.



Retour au camping vers 17h30. 
Pour  le coup, je vais directement au restaurant, au moins il n'y a pas de liste d'attente. La douche attendra la fin de la publication. Je sens que je vais encore ronfler tôt ce soir... et en plus j'ai pris une bière brassée localement (une brune, bien bonne).       

Fin de l'épisode... demain est un autre jour, et j'espère qu'il ne pleuvra pas cette nuit ni plus tard. 
Là, je vais essayer de contacter le camping de Pariah River Ranch pour m'y poser deux nuits. Ca fera des kilomètres en plus, mais pas de démontage, et ils ont des douches. L'expérience montre que dans le coin, les campings sont pris d'assaut, et je risque de faire chou blanc si j'arrive un peu tard.