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dimanche 27 mars 2022

Voyage gourmand - Poulet yassa à ma façon

La canicule est enfin terminée et je me remets aux fourneaux pour bricoler autre chose qu'une salade. 
Menu de la semaine : Poulet yassa. Ca fait un bail que je ne m'en suis plus mitonné un, et aujourd'hui la conjonction frigo / appros est idéale : j'ai craqué sur un poulet rôti dans ma grande surface habituelle et j'ai trouvé des citrons magnifiques au magasin bio du coin.
Bref, en avant pour la recette, et je rajouterai des photos à l'occasion !!
24 septembre 2017 avant variante de mars 2022 un peu plus bas

Ingrédients :
> un poulet rôti (aucune idée du poids... un kilo, sans doute)
> deux poivrons verts
> 4-5 oignons jaunes
> 4 gousses d'ail
> moutarde
> bouillon Kub
> piment séché
> 1/2 litre d'eau chaude
> un filet d'huile d'olive
> une poignée d'olives vertes
> une poignée de persil
> un gros citron non traité (ou deux petits citrons)

Préparation : 
> désosser complètement le poulet, gratter la carcasse (comme pour ma recette du curry
> éplucher et émincer les oignons
> laver et tailler le poivrons en petites lamelles
> éplucher et couper l'ail en petits morceaux
> laver le persil et le ciseler finement
> presser le citron et prélever tout le zeste

Cuisson :
> Mettre le poulet dans un faitout, et le faire revenir sommairement pour le réchauffer.
> Y ajouter les oignons, et un filet d'huile pour éviter que ça attache.
> Tourner et laisser cuire quelques instants pour que la viande s'imprègne bien.
> Ajouter les poivrons, touiller et laisser mijoter. Ils doivent se ramollir.
> Préparer la marinade : deux bouillons Kub, une cuillère à soupe de moutarde, l'ail et la grosse pincée de piment délayés dans un bol d'eau chaude.
> Verser la marinade dans le faitout pour mouiller la viande.
> Laisser mijoter quelques minutes.
> Quand la cuisson semble à point, ajouter le persil et les zestes de citron, puis le jus de citron. Bien mélanger et laisser cuire quelques petites minutes de plus. 

Goûtez pour vous assurer que l'assaisonnement convient.
C'est prêt à servir, avec le riz que vous aurez fait cuire pour l'accompagnement.

Ce plat se réchauffe assez bien et le goût se développe après coup : ça n'en est que meilleur !

Bon appétit !

Ps : Cette fois-ci, je l'ai particulièrement bien réussi... un régal !
Et je l'ai refait... toujours délicieux !... juste le temps de prendre une photo de ma poëlée !


Version rapide trouvée en ligne et aménagée par mes soins :
> 1 kg de blanc et hauts de cuisse désossées
> 2 gros citrons bio, pulpe, jus et zeste
> 3 beaux oignons
> deux énormes gousses d'ail (une demie tête)
> 1 beau poivron rouge (ou vert ou jaune) pour la déco - le rouge contraste parfaitement et a un goût plus doux
> bouillon Kub, poivre, piment en poudre, paprika, coriandre, gingembre en poudre, cardamome broyée (je n'ai pas trouvé de berbéré comme indiqué dans la recette), herbes de Provence (pas trop)
> moutarde, huile d'olive, et un verre d'eau pour dissoudre le Kub et mouiller la marinade


J'ai laissé mariner mon poulet (coupé en cubes) pendant deux bonnes heures  avec tous les ingrédients sauf le poivron, avant de le passer à la poële. 
Faire roussir un peu la viande avant de verser la marinade au complet dans la sauteuse, puis d'ajouter les poivrons à mi-cuisson. Mettre quelques rondelles de citron de côté pour agrémenter le service.
J'ai accompagné le tout de millet, pour varier un peu du riz. Un peu compact... pour le coup, ça peut se manger avec les doigts en faisant des boulettes pour saucer les assiettes. Je dois me pencher sur l'art de cuire cette céréale. 


L'adresse de la recette :

vendredi 27 septembre 2019

28 septembre 2019 - Triste journée, pensées posthumes

Journée bien pluvieuse aujourd'hui… temps propice au repliage des valises. C'est la fin des vacances pour mes parents et le retour en France s'accompagne d'une grosse pluie qui donne juste envie de rester sous la couette… même s'il fait dix fois trop chaud pour supporter duvet ou couvertures. 

En soi, cela suffit déjà à me donner le bourdon. 

Echanges de messages avec les copines, je ne vois pas passer une tentative d'appel d'un ami d'Antibes dans les préparatifs du petit déjeuner. Joindre les gens par téléphone est une gageure ici. Les six heures du décalage horaire ne se combinent pas bien avec le rythme des journées. Le week-end, on s'en sort un peu mieux sans la contrainte du boulot et je peux rappeler en fin de matinée, pas encore trop tard pour la France. 

Et là, c'est le choc. Au lieu de reprendre la conversation où nous l'avions laissée la dernière fois, quelque part entre yassa et mafé et considérations culinaires diverses suite à mon exploration du marché Fu Tai en bas de la Côte des Neiges à la fin du mois d'août, c'est sa femme qui m'apprend que Laye est décédé le 17 septembre suite à une crise de drépanocytose qui, cette fois-ci, s'est achevée par un arrêt cardiaque. Je suis abasourdie, profondément choquée, désemparée.

Laye, 51 ans. Géant au style et à la classe folle. Deux mètres d'humour et d'esprit. Il semblait aller mieux, son rôle de père le comblait, il avait trouvé une certaine sérénité qui se mariait bien à sa philosophie personnelle, sa foi profonde le portait. Mais la drépanocytose est une maladie génétique cruelle qui revient crise après crise dans des souffrances terribles. Et on ne l'emporte jamais. On a beau se dire que toutes les dernières années étaient déjà des victoires sur le destin, l'épée de Damoclès était bien là, suspendue jusqu'à la fin du sursis, prête à s'abattre. Les changements de saison étaient des écueils redoutés, apportant leurs lots de douleurs et de risques. Cet automne lui a été fatal.
Bref, c'est une partie de mon monde qui s'écroule, une de mes fenêtres ouvertes sur le continent africain et la multitude de cultures qui y cohabitent. 

Regrets et souvenirs se bousculent. Près de vingt ans que je le connaissais - une belle tranche de vie, toujours une certaine complicité malgré les années qui s'étaient écoulées.
Regrets de ne pas avoir eu le temps de passer pour une courte visite lors de mon passage en avril. (Mes déboires immobiliers ont bousculé tout mon planning et je n'ai vu personne - certains s'en offusquent sans chercher à comprendre). Regrets de ne pas avoir passé plus de temps pour des virées ou des bonnes bouffes dans les années qui ont précédé mon départ pour Montréal, notamment à la fin de l'année dernière, trop occupée à vider mon appartement. On s'était promis de ne pas laisser passer le prochain Nouvel An sans se souhaiter tout le meilleur du monde. 
Tout simplement regrets de ne pas savoir exprimer mon affection à ceux que j'aime, à mes proches, et mes amis.

Souvenirs heureux - le temps gomme les souvenirs plus pénibles et c'est très bien - grands bavardages à refaire le monde en sirotant un thé ou par téléphone ou messages, échanges de recettes de cuisine avant de déguster les derniers essais (faites un tour dans mes pages "voyages gourmands" et arrêtez-vous quelques instants pour humer les marmites de Poulet yassa ou de mafé, ou de curry - ces plats n'auront plus jamais le même goût), discussions sur l'actualité politique d'ici et d'ailleurs, situation en Afrique et au Sénégal en particulier, littérature, mode, arts plastiques et musique avec des goûts assez éclectiques… tout sujet était digne d'intérêt et apportait un autre éclairage. 
Il était le destinataire d'une partie de mes revues de presse et m'envoyait certains articles de fond à l'occasion d'une fête ou d'une célébration - Ramadan, Korité, Tabaski et leurs pendants chrétiens - Pâques, Noël. Il m'avait guidé dans mes premières lectures "africaines" en m'indiquant quelques auteurs et ouvrages de référence, et ne se lassait pas de découvrir de nouveaux "sons" de tous horizons.   

Bref… je continuerai à entendre sa voix espiègle me demander "Comment va Kinou ?" (ou bien "l'Américaine"… et récemment la "Canadienne"selon le coin de la planète que j'étais en train d'arpenter)... et j'espère que ce fil qui me reliait à ce petit bout d'Afrique ne sera pas complètement rompu, que cette fenêtre qui se referme laissera encore passer un peu de la lumière qui émane de ce grand continent.

Mes pensées vont à sa femme et à son jeune fils, et au reste de sa famille, son père vieillissant au Sénégal. Le vide doit être terrible.

Dewenati Laye… tu nous manqueras à tous...



Quelques liens en vrac :
> https://www.orpha.net/data/patho/Han/Int/fr/Drepanocytose_FR_fr_HAN_ORPHA232.pdf 
> http://sosglobi.fr/
https://en.wikipedia.org/wiki/Sickle_cell_disease et https://fr.wikipedia.org/wiki/Drépanocytose

dimanche 13 septembre 2015

Voyage gourmand - Mafé

Il m'arrive d'avoir des envies... exotiques !
Cette semaine, c'était une envie de mafé. Enfin, ça faisait déjà quelques jours que j'en avais envie. J'avais même anticipé en m'achetant une boîte de Dakatine lors de mon dernier passage dans un magasin "Grand Frais".
Je viens de découvrir cette chaîne, un ravissement pour les yeux qui fait monter la salive aux lèvres à l'idée des bons petits plats qu'on va pouvoir concocter... et je suis retournée explorer les rayons en quête des petits légumes qui agrément cette recette car leur rayon "exotique" est vraiment bien fourni.



Or donc, ce week-end, c'est décidé, je me mets dans mes marmites et je vais me mitonner une bonne petite recette que j'ai découverte lors d'un lointain voyage au Sénégal, retravaillée au contact d'amis dakarois.


Ingrédients :
> 300g de pâte d'arachide (Dakatine)
> 2/3 de chou blanc
> 3 diakhatous (jakato chez Grand Frais) (petites aubergines blanches du Sénégal au goût un peu amer - on peut d'ailleurs remplacer par une petite aubergine)
> 450g de tomates pelées au jus
> 70g de concentré de tomates
> 3 oignons
> 3 gousses d'ail
> 1,5 kg de viande (au choix : poulet, boeuf à braiser, agneau)
> 3 petites tomates nature
> 2 pommes de terre
> 1 grosse patate douce
> 4 belles carottes
> 15 gombos
> 1 poivron corne de boeuf
> 1 piment
> thym frais
> gingembre en poudre
> sel, poivre, piment en poudre
> 2 cubes maggi
> petit filet d'huile



Préparation :
> Laver et éplucher les légumes et les couper en morceaux de la taille d'une bouchée
> Laver les gombos et les couper en rondelles. Eliminer la tête portant la queue.
> Laver le piment, sans enlever sa queue ni le découper. On le laisse entier.
> Couper la viande en cubes de 3x3 cm environ.
> Verser la Dakatine dans un bol et la délayer avec de l'eau chaude pour lui donner une consistance plus crémeuse.



Cuisson :
> Faire chauffer l'huile au fond de la cocotte.
> Faire dorer la viande rapidement.
> Ajouter les oignons et mélanger avec la viande, faire revenir quelques instants.
> Ajouter les tomates pelées au jus et les tomates crues, le concentré, et l'ail écrasé.
> Ajouter les cubes maggi et mélanger.
> Ajouter les carottes et le chou, qui doivent cuire un peu plus longtemps.
> Saler et poivrer et ajouter le thym.
> Ajouter les diakhatous, les pommes de terre et la patate douce, et les autres légumes.


> Mettre de l'eau pour rallonger la préparation, environ un litre.
> Verser la pâte d'arachide et bien mélanger pour que ce soit homogène.
> Baisser le feu dès que ça commence à bouillir.
> Si c'est trop épais, ajouter un peu d'eau et bien mélanger pour homogénéiser la consistance.

> Eparpiller les rondelles de gombo en surface, elles vont s'enfoncer dans la sauce.


> En général, j'ajoute une cuillère de gingembre en poudre et je vérifie l'assaisonnement (sel) à mi-parcours.
> Poser le piment en surface : il parfumera le plat. Surtout ne pas le brasser trop violemment car il pourrait se rompre et rendrait le tout très (trop) piquant... âmes sensibles, s'abstenir !
> Laisser mitonner pendant 1h à 1h30 en remuant régulièrement pour éviter que le fond ne brûle trop.
>> Attention : le fond brûlera de toute façon et il faut juste éviter de décaper la croûte de brulé qui donnerait un mauvais goût au plat.
>> Et aussi : le boeuf à braiser met plus de temps à cuire que le poulet ou  l'agneau... en tenir compte dans le temps de mitonnage !

Dégustation :
Vous pouvez manger la préparation le jour même... ou le lendemain : elle n'en sera que meilleure !
Vous pouvez l'accompagner de riz nature qui absorbera la sauce, ou bien de fonio (je n'ai pas encore essayé, mais c'est pour la prochaine fois). Ca marche aussi avec de la semoule... ou tout simplement saucé avec un bout de pain.
J'ai fait mon dernier essai avec du chikwangue, une sorte de pain de manioc originaire d'Afrique centrale (Congo / Cameroun).

Et maintenant, régalez-vous... la sauce à elle seule est un délice !

Quelques liens :
> diakhatou ou jakato : http://www.senecuisine.com/diakhatou/
> gombo : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gombo
> Dakatine : http://www.dakatine.com/ et https://fr.wikipedia.org/wiki/Dakatine
> Grand Frais : http://www.grandfrais.com/ - dommage qu'il n'y en ait pas un à Antibes
Mise à jour montréalaise : on trouve tous les ingrédients au Marché Fu Tai à la Plaza Côte des Neiges... la caverne du djolof, selon mon ami Laye