Presque 16 heures. La tournée du jour s'achève à Saint Paul de Vence après avoir longé le Loup entre le Rouret et La Colle. De là, on récupère un bout de corniche pour arriver en vue de la cité médiévale, doucement éclairée dans l'après-midi qui avance.
Je monte directement à la Fondation Maeght. Le parking du haut ne sera certainement pas rempli en cette saison.
Une fois le portillon franchi, on pénètre dans un espace qui emmène ailleurs, au gré des rencontres avec des êtres ou des formes inhabituelles. Les jardins sont consacrés à la sculpture : métal et céramique y sont mis en valeur.
Je note quelques changements par rapport à mes dernière visites en 2005 et 2008. Un des mobiles de Kalder a cédé la place à une sorte de guimauve qui se gondole dans des teintes psychédéliques. Je retrouverai le mobile sur une des terrasses sur le toit du bâtiment principal.
Aujourd'hui, je suis venue pour voir, in extremis, l'exposition consacrée à Christo. Il a réalisé, sur mesure, un mastaba de barils monté dans la cour Giacometti. C'est l'avant dernier jour. Ils démontent la pyramide lundi. Malgré l'heure relativement avancée, il y a pas mal de visiteurs. La belle journée après une semaine particulièrement pluvieuse a poussé tout le monde dehors !
On ne peut pas le manquer, le mastaba. Il dépasse au-dessus des murs, et on s'y heurte de plein fouet dès qu'on pénètre dans la cour.
Je fais le tour de la montagne tricolore une première fois avant de changer d'objectif pour passer en grand angle, question de cadrer plus large.
Puis je chemine dans le reste du jardin, au milieu des scultures "résidentes". J'aime bien celles en marbre blanc (Carrare ?), et le gros oeuf de Miro dans une des fontaines.
La lumière commence à se faire rasante et il sera bientôt trop tard pour profiter des extérieurs.
Je monte sur le toit terrasse pour avoir un aperçu du parc et du mastaba vu d'en haut.
L'oeuvre est fascinante. En bas, on manque un peu de recul et de profondeur pour bien apprécier les volumes et la prouesse géométrique. D'en haut, on arrive à trouver des angles intéressants.
Un peu à contre-jour, le soleil du soir jette ses reflets chauds sur les bidons multicolores.
Je rechange d'objectif pour varier les plaisirs, puis je redescends, parcours à l'envers en faisant des haltes au niveau des sculptures.
Retour à la cour Giacometti pour une vision plus prolongée sur le plancher des vaches.
La lumière a changé en
l'espace d'une heure. Les reflets sont mordorés. L'amoncellement de
bidons ainsi présenté ouvre des perspectives intéressantes en matière de
recyclage !
Les
rangées de bidons sont savamment agencées, avec des décalages réguliers
et récurrents qui donnent un mouvement de vague presque invisible à
cette pyramide. Cette rythmique mène le jeu avec les reflets. Je ne l'avais pas remarqué au prime abord.
Il se fait tard. La lumière décline sérieusement. Je pousse la porte en sens inverse et laisse le mur bleu derrière moi.
Il est temps de faire le tour des salles à l'intérieur, qui retracent l'oeuvre de Christo et insistent sur le thème des barils qui revient souvent dans la chronologie.
Je termine par la grande salle où les bronzes de Giacometti ont été mis à l'abri. Ils y sont bien, entre un Chagall et diverses autres toiles rescapées d'expositions passées.
Encore une belle journée. Je m'en suis mis plein les yeux !... et j'ai un peu de matière pour la carte de voeux... bientôt le moment de m'y mettre !
L'arrière pays commence juste derrière Sophia Antipolis... et même plus près que cela de la côte, en fait. Il suffit de s'enfoncer dans les chemins creux qui longent les ruisseaux et rivières qui sillonnent le plateau par ici : Valmasque, Bouillide, Brague et Loup.
Fort heureusement, leur lit a été partiellement entouré de zones de type "Natura 2000" ou "Parc départemental" qui les protègent et constituent des lieux de promenade assez sauvage au milieu d'un environnement très urbanisé.
Ma balade du jour devait m'amener à la Fondation Maeght, sur les hauteurs de Saint Paul de Vence, en passant par Opio, et je me suis naturellement retrouvée sur la route de liaison entre Le Rouret et La Colle sur Loup. La rivière y a creusé son sillon, profond, dans le prolongement plus spectaculaire des gorges qui dévalent en amont, au-dessus de Bar sur Loup. La route est sinueuse, falaise d'un côté, précipice boisé de l'autre.
Au détour d'un virage on aperçoit la rivière, avant de l'enjamber à l'entrée de la Colle. Elle est grosse. Elle est furieuse. Gonflée de toutes les eaux qui se sont abattues sur la région depuis deux semaines. Le cours d'eau paresseux, qu'on traverse à pied en sautant d'une pierre à l'autre, s'est transformé en torrent rugissant, bien au-dessus de son niveau habituel... et encore, il a bien baissé en deux jours... on le remarque aux débris accrochés aux branches des buissons proches du bord.
J'avise le chemin qui mène à la base de kayak, garantie de pouvoir m'approcher un peu sans prendre de risque inconsidéré. Un sentier longe la rivière et il est possible de descendre au bord de l'eau par quelques raidillons libérés des eaux. Le vacarme est assourdissant.
Un kayak et sa pagaie arrivent au fil de l'eau... sans rameur. Puis un second kayak, lancé à sa poursuite, qui parviendra à le rattraper un peu plus loin. La scène s'est déroulée en quelques secondes à peine. Puis ce sont des kayakeurs en tenue qui arrivent en courant comme des fous sur le sentier, pour venir prêter main forte au rameur et hisser l'embarcation hors de l'eau. Impressionnant. Un peu flippant aussi. Dessaler dans ces eaux tumultueuses doit quand même faire un peu peur. A y regarder de plus près, on s'aperçoit que les portes du parcours d'entraînement sont à l'horizontale à la surface de l'eau.
Je rebrousse chemin... la balade n'est pas finie et le temps file trop vite en cette saison.
Je relève au passage quelques belles écorces, pour la collection. Les arbres ont perdu leurs feuilles d'un coup avec le grand coup de vent et les pluies diluviennes des jours derniers.
Aujourd'hui, visite expresse à l'Opiom Gallery pendant ma pause de midi. Ca fait un moment que j'en ai envie, et pour une fois, j'ai un peu de temps et la météo s'est remise au beau fixe après une période assez diluvienne (c'est la norme, ici, les déluges du mois de novembre).
A l'honneur en ce moment, outre des jeunes photographes au talent qui s'affirme, un hommage à Jacques Henri Lartigue, avec, en marge de l'exposition, la possibilité de visiter sa maison, dans le village, à quelques pas d'ici.
Les clichés proposés nous replongent dans l'âge d'or de la côte d'azur, entre années 50 et 60, bien avant le tourisme de masse, une époque où les plus grands noms, de Picasso à Kennedy en passant par Cocteau et de nombreux artistes, posaient devant l'objectif du photographe.
Expo en cours jusqu'à fin décembre, et contente de l'avoir vue, sans compter que la découverte des autres artistes ne gâche rien : beaucoup de créativité et d'inventivité. La photo prouve ici que c'est un art à part entière, et pas une simple représentation de la réalité.
A noter que la galerie présente de nouvelles expos régulièrement dans l'année. J'y avait découvert Jimmy Nelson l'an dernier.
Pas le temps vendredi de poursuivre mon exploration en faisant le bureau buissonnier, et c'est samedi que je suis montée au village, munie de mon appareil photo.
Le village est tranquille. Quelques maisons et d'anciennes bastides
qui épousent les courbes du relief, étagées entre les ancienne terrasses
de culture. L'église se dresse fièrement sur la place Jacques Henri
Lartigue. La maison est quelque part en contrebas, après l'escalier qui descend sur le côté droit.
Bon, je n'irai pas par quatre chemins. Je n'ai pas trouvé la maison, ou alors je l'ai trouvée... sans la reconnaître. Je tenterai une récidive à l'occasion.
Je me suis donc contentée de déambuler autour de l'église, sur le chemin qui longe les restanques en offrant une vue magnifique sur la côte, au loin, après les champs d'olivier et l'urbanisation qui ronge maintenant le paysage.
Marathon Nice-Cannes... c'est reparti pour une longue journée.
Comme en 2014, cette année je me transforme en groupie pour encourager mes divers potes ultra-sportifs.
J'ai quatre marathoniens à repérer dans la foule des coureurs.
Rendez-vous à partir de 10h30 si je ne veux pas les louper... il s'égrèneront entre les objectifs 3h30 et 4h, en principe. Croisons les doigts.
Aujourd'hui, la météo est presque idéale. Grand beau temps, mais frais. Le petit matin était glacial. Le vent, qui soufflait fort de l'ouest depuis plusieurs jours, est enfin tombé, et c'est une brise très légère qui pousse les coureurs dans le dos.
J'ai aussi décidé d'exploiter les ressources proposées par internet : on a en temps réel les chronos intermédiaires relevés aux points de contrôle. Cela me permet d'évaluer à quelle heure il va falloir que je sorte pour me poster à mon point d'observation, juste à l'entrée de Golfe Juan. Le tunnel au bout de ma rue rejoint les plages à cet endroit.
Le rythme est soutenu cette année. Les premiers ont franchi les 10 km du départ en à peine 30 minutes. Le temps que je me prépare, ils sont déjà aux contrôle du semi-marathon, 21 km. Ils vont passer ici vers 9h40... plus tôt que ce que j'avais prévu. Pas une minute à perdre.
Pour ce qui est de mes potes, le classement que j'avais en tête est déjà bouleversé. Max trace et a déjà doublé Dédé qui a souffert du froid au démarrage. Nous verrons comment tout cela va se terminer. J'ai paramétré les pages de suivi dans mon smartphone, au cas où je voudrais vérifier entre deux les heures du passage aux 30 km.
J'arrive à mon poste avant le passage des premiers. C'est fou comme le soleil fait la différence en termes d'ambiance par rapport à 2014. Il fait presque chaud maintenant.
Ca y est. Voiture d'ouverture, quelques motos de presse, des éclaireurs en rollers.
Les quatre premiers sont au coude à coude. Impressionnants. Le finish sera sans doute spectaculaire. Longues foulées, bien décollées du sol. C'est sidérant de facilité apparente. On a du mal à imaginer les centaines d'heures d'entraînement pour arriver à une telle fluidité.
Les premières féminines sont relativement loin derrière.
Ensuite, les coureurs arrivent, en rangs de plus en plus serrés.
Irene m'a rejointe. Grande forme pour s'improviser à nouveau super vocaliste et encourager les coureurs des dizaines de mètres à l'avance, en criant leurs prénoms entre deux mots gentils qui les galvaniseront pour les 10 km qui restent encore avant la ligne d'arrivée.
- Vous êtes formidables ! Vous êtes les meilleurs !
- La prochaine ville c'est Cannes ! Bientôt l'arrivée !
- Plus que 10 kilomètres, vous y êtes !
- C'est dur mais c'est presque fini !
- Vous allez y arriver, pas de souci, on ne lâche rien !
- Allez, c'est pas le moment de faiblir !
Tout y passe. Ca lui rappelle les marathons qu'elle a courus il y a quelques années, quand on a vraiment besoin des supporters pour tenir encore jusqu'au bout, alors qu'on en a vraiment déjà plein les pattes.
Coup de fil d'une copine qui faisait le guet à la Pinède, à Juan. Elle a vu passer Max, dans sa bulle, écouteurs sur les oreilles. Il faut donc ouvrir l'oeil.
D'ailleurs, il arrive. Il a l'air presque frais. Les entraînements longue distance portent leurs fruits. Cette année il s'est bien positionné, côté bord de mer. J'arrive à le cadrer comme il faut. Super portrait.
En revanche, je ne vois passer ni Dédé, ni Christophe. Probablement noyés dans le peloton le plus dense. Enfin, j'aperçois Denis. Il souffre. Crampes. Mais ça va le faire. Au pire, en marchant. A ce stade, il est sûr d'aller au bout même si ça dézingue la moyenne horaire.
Nous restons encore un moment à encourager les coureurs qui visent plus de 4h15, 4h30, 4h45... les forçats du bitume.
Quelques bénévoles encadrent des handicapés. Je me fais la réflexion que j'ai vu beaucoup moins d'handicapés autonomes, c'est-à-dire qui courent seuls dans leurs fauteuils spécialement carénés pour la course.
Je me dis aussi que j'ai vu très peu de personnes déguisées cette année. Peut-être la faute à des contrôles de sécurité accrus en raison de la menace attentat.
L'alternative, ce sont les T-shirts à message. Dans tous les cas, courir prend un sens.
Une belle édition. On verra si l'expérience se renouvelle l'année prochaine ou celle d'après. Un an à la fois !
A l'occasion, il faudra que je vous fasse une chronique sur les roses d'Antibes... Aller exhumer mes vieilles photos de l'époque où j'avais un jardin avec quelques rosiers uniques, des essais de sélection ou conception de nouvelles variétés menés par l'ancien propriétaire des lieux.
Les roses d'Antibes m'évoquent toujours Sidney Bechet, sa "Petite rose", ses "Rues d'Antibes".
La région est l'un des centres du rayonnement international de la rose française, avec la famille Meilland qui y puise ses racines.
En marge de la rose à bouquet, il ne faut pas oublier la culture des roses destinées à la parfumerie, sur les restanques autour de Grasse lorsque les roses Centifolia étaient exploitées intensivement pour créer la base de parfums célèbres, époque passée et période désormais révolue. Le béton pousse maintenant bien mieux que les plants de rosier ou de jasmin.
En attendant, je me contente des roses qu'on m'offre. Ce n'est pas si souvent.
Et ce mois-ci, les filles ont été gâtées, au cours de tango. Nous avons eu droit à une rose chacune. Des roses "Tango de Vence". Cela ne s'invente pas.
Roses au coeur jaune pâle, à l'odeur délicate. Ravissement des sens.
La mienne a tenu une petite semaine.
L'occasion de reprendre le boîtier et de faire quelques essais... et d'en profiter pour faire un petit montage, maintenant que Photoshop est de nouveau opérationnel sur mon ordi.
Allez, une petite bestiole spécialement pour Halloween.
Croisée sur les chemins de la Villa Thuret en septembre dernier. C'est l'époque où elles veillent sur leur nid... et je n'aurais pas aimé faire partie de leurs proies !